L'incendie et ses conséquences

L’incendie de 1944

Le 26 mai 1944, lors des combats aériens précédant le Débarquement, l’aviation américaine bombarde Chartres. La bibliothèque, installée dans l’hôtel de ville, est éventrée, son contenu livré aux flammes. Quand l’incendie est maîtrisé, 45 % des manuscrits sont totalement détruits, les autres se présentent dans des états variables, du manuscrit presque intact au bloc de charbon.

A partir du 9 juin 1944 les manuscrits rescapés sont envoyés à la Bibliothèque nationale pour y être restaurés. Là, les feuillets de parchemin agglutinés par la flamme sont patiemment séparés ; mais de nombreux fragments, victimes de l’action successive du feu puis de l’eau, demeurent vitrifiés : à la fois translucides et rigides, ils ont perdu leur élasticité originelle et se brisent au moindre choc.

Dès le début de 1948, les érudits chartrains dont Maurice Jusselin, ancien archiviste départemental, et le chanoine Yves Delaporte peuvent commencer avec la nouvelle bibliothécaire Marie Guittet le travail d’identification des manuscrits. Mais il devient très délicat de les communiquer aux chercheurs. A partir des années 1950, quelques manuscrits ont toutefois pu être étudiés par des spécialistes qui ont continué d’identifier les textes et de reclasser les fragments.

L'hôtel de ville de Chartres après le bombardement du 26 mai 1944. Photographie prise par Robert Laillet (Phot. 4701). Fonds iconographique, Médiathèque de Chartres.

Bibliothèque de Chartres - manuscrits calcinés après le bombardement de mai 1944 (© Associated press photo).

De nouvelles acquisitions

Depuis la guerre, huit manuscrits médiévaux ont été acquis par la Bibliothèque municipale. Parmi eux, le plus précieux est le Martyrologe et obituaire de la cathédrale de Chartres, du XIe siècle. Il contient le célèbre portrait de l’évêque Fulbert prêchant au peuple dans la cathédrale qu’il venait de faire reconstruire après un incendie.